Lundi 21 avril 2008

Peu inspiré que je suis, je laisse la parole à Myre (le Rostropovitch du 7ème art) qui n'était pas intervenu sur le blog depuis longtemps.
yozzman

Par un samedi soir pluvieux, une option s’offre pour ne pas définitivement saborder la soirée : une bonne séance de cinéma. Seulement voilà entre Disco, Les randonneurs à Saint-Tropez et ayant juré de résister au phénomène Ch’tis, nos beaux multiplex nationaux ne laissent guère le choix qu’entre peste et choléra. Alors on préfère se tourner (comme à chaque fois au final) vers nos petits cinémas de quartier adorés.

Parmi eux, Le Champo à Saint-Michel. Au programme : Zabriskie Point d’Antonioni à 21h50 comme tous les soirs depuis janvier 2008. Bon il faut bien que je l’avoue, Antonioni à plutôt tendance à m’emmerder. Mais bon, soyons fous. Je paie ma place. Et 1h45 plus tard, je sors complètement abasourdi par ce que je viens de voir. Un chef d’œuvre, un choc cinématographique comme je n’en avais pas eu depuis… Depuis quand, au fait ? Trop longtemps en tout cas. Le film (quasi oublié et invisible depuis sa sortie en 1970) se déroule durant le mouvement contestataire contre la guerre du Vietnam et contre la société de consommation aux USA.  Vous me direz rien de très original, surtout dans le cinéma américain indépendant de l’époque (voir l’excellent Punishment Park de Peter Watkins par exemple).
Oui mais voilà, après un début fortement contestataire, surtout dans le milieu étudiant, Antonioni préfère laisser tomber ces jeunes révolutionnaires pour se concentrer sur deux romantiques, deux rêveurs qui se trouvent par hasard dans le désert. Lui, à bord d’un avion volé. Elle au volant d’une voiture. Ils choisissent d’oublier la rébellion et la guerre le temps d’une rencontre aussi rapide que fulgurante avant de retourner à leur destin.

Esthétiquement d’une beauté vertigineuse, le film impressionne par sa rigueur formelle, un montage époustouflant et par une virtuosité dans la mise en scène qui laisse bouche bée. L’air de rien, Antonioni enchaîne les séquences, plus belles les unes que les autres et les grave dans notre inconscient de cinéphile. Des scènes qui hanteront encore plusieurs générations de curieux comme cette sublimissime séquence d’amour dans le désert. Quant au final sur fond de Pink Floyd, on aimerait qu’il ne finisse jamais. Étant à court de superlatifs, je vais faire court : réhabilitons Zabriskie Point !


par Myre publié dans : Le coin divers
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Commentaires

Pour faire plaisir à Myre qui se plaignait dimanche (entre 2 verres de sangria...)qu'il n'y avait pas eu de commentaires : je viens lui (re)dire BRAVO pour son article fort bien écrit !!!! je ne connais pas ce film mais ça donne envie : c'est quoi un choc cinématographique ? (moi qui suis restée sur les Ch'tis !!!!!!). encore bravo petit Myre et continue sur ta lancée ! Bizz
commentaire n° : 1 posté par : Miwett-N le: 28/04/2008 16:17:38

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